Orchestrer

2009, photographie numérique, dimensions variables,
est une série réalisée dans une entreprise de logistique pour des vêtements d’enfant. Après quelques semaines d’emploi effectuées dans cette usine pour laquelle j’ai été préparatrice en commande, j’ai prolongé mon temps de présence par un temps de travail pour créer cette série photographique.
Le contexte est le suivant : Les autres ouvriers partent, ils reviendront tôt le lendemain. Nous avons passé la journée à effectuer des gestes répétitifs donnant la sensation d’une hérésie, qui nous fait oublier tout sens à ce qu’on est en train de faire. Il ne reste plus que les responsables d’entrepôt finalisant les commandes et les administrateurs. Le hangar est vide des agissements des manœuvres, je suis seule ou presque à me déplacer dans cet espace. Je reste quelques heures supplémentaires pour effectuer non pas mon emploi mais mon travail, celui pour lequel mon esprit se déploie vers d’autres horizons. C’est à mon sens le propre du travail que de pouvoir se développer et c’est ce qui fait la différence avec un emploi où dans ce cas, la personne exécute des tâches similaires dans une longue durée sans perspective de déploiement. Je rejoins les pensées de Bernard Stiegler*, qui selon lui nous vivons une transition du travail vers une automatisation généralisée qui mettra fin à l’emploi. Il explique que l’emploi s’est développé depuis l’industrialisation et a progressivement détruit le travail. Il est sanctionné par du salaire et permet le pouvoir d’achat. Il cite la différence avec le travail qui est de faire quelque-chose qui nous développe.
Le fait de voir cette structure en l’absence des ouvriers renforce l’idée qu’elle est pensée pour accueillir l’emploi humain et non une personne pour réaliser une activité adaptée à ses besoins et à la communauté. Cette disparition donne l’impression d’un flottement, d’un arrêt faisant apparaître un sentiment étrange de présences. D’où l’intérêt d’avoir travaillé dans la continuité car l’activité ne s’arrête pas, elle se modifie et le temps également. Cet investissement révèle avec force le sujet. * L’emploi est mort, vive le travail ! de Bernard Stiegler.

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2014, Vue d'exposition du projet "Les façades" d'Aperto, commissariat Nicolas Daubanes et Pablo Garcia,
2009, Vue d'exposition collective Pendant ce temps à Buenos Aires, galerie Living room
À chaque exposition, la pièce prend en considération le lieu d'exposition alors elle s'insère et se déploie pour être au plus près du propos et du public.

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